01/07/2008
Le traitement des eaux de l’usine Toyota à Valencienne (France)
Une usine est aussi une grande consommatrice d’eau. TMMF dispose de son propre centre de traitement pour ne rejeter qu’une eau assainie. L’intérêt est de limiter sa consommation en permettant la réintroduction de l’eau dans son circuit. L’eau est employée comme vecteur de refroidissement, mais surtout de nettoyage car elle permet la récupération des déchets de peinture sous forme de boues.
TMMF emploie 4000 personnes et dispose d’une capacité de production annuelle de 270’000 Yaris. Ses bâtiments font une surface de 140'000 m2, construits sur un terrain de 2'330'000 m2.
Le traitement des eaux est spécifique dans cette usine. Elle reçoit en effet son eau de l’ancien réseau de distribution de la ville de Valencienne. Elle est cependant trop chargée en nitrate et en calcaire. Elle reçoit alors un premier traitement : une osmose inverse pour retirer le calcaire. Le principe est de faire passer l’eau dans une membrane faite de pores microscopiques. Les solides en suspension et les matières organiques dissoutes, ainsi que les bactéries, virus, pesticides et autres macromolécules, sont envoyés vers un circuit de traitement.
Ce traitement consomme 39% du volume d’eau. Le reste va pouvoir être utilisé par l’usine, essentiellement par les cabines de peinture (59%), puis les systèmes de refroidissement dans l’atelier d’injection de plastiques (1%) et dans les lignes de soudage (1%). Les presses et les lignes d’assemblage des moteurs et des voitures ne consomment pas d’eau.
Après utilisation, l’eau est récupérée et retraitée. Elle reçoit alors un traitement physicho-chimique où elle passe par différentes étapes :
- Homogénéisation. L’eau est mélangée dans 3 cuves de 6 mètres de haut pour être plus homogène.
- Coagulation. Les solutions métalliques sont solidifiées par une réaction chimique.
- Floculation. Les éléments solides s’agglomèrent et montent à la surface. Ils forment des flocs.
- Flottation. Les flocs sont séparés par vapeur. Ils sont récupérés par écrémage sous forme de boues. Les boues sont ensuite déshydratées et envoyées dans une cimenterie pour réutilisation.
L’eau subit ensuite un traitement biologique :
Grâce à la mise en place de ce dispositif de traitement, la consommation d’eau par voiture produite est passée de 2,4 m3 en 2002, à l’ouverture de l’usine, à 1,13 m3 en 2007. TMMF projette par ailleurs de collecter et traiter l’eau de pluie du parc d’expédition. Le volume moyen estimé est de 5000 m3 par mois. Au total, l’économie d’eau serait de 20%.
Autres chiffres :
Après l’envers du décor, quelques clichés de la ligne de production :
- Neutralisation. Le pH est stabilisé à 7 pour permettre le traitement bactériologique.
- Traitement biologique. L’eau est envoyée dans un bassin contenant des bactéries capables d’absorber les polluants. Ce bassin reçoit aussi les eaux provenant des sanitaires et des restaurants.
- Eclaircisseur. Les résidus des bactéries sont récupérés par décantation naturelle. Les boues sont écartées.
- Filtration. Une première filtration à base de sable enlève les solides en suspension. Les résidus organiques sont retirés par une filtration au charbon actif dans des cuves disposant de différents taux d’oxygène.
- Toutes ces cuves sont en rétention : elles sont construites dans un bassin retenat l’eau en cas de fuite. Après ces traitements, l’eau peut être rejetée dans la rivière locale : l’Escaut. Elle n’est pas potable uniquement en raison d’un taux trop élevés de bactéries. Plus de 1000 m3 par jour sont ainsi traités.
Grâce à la mise en place de ce dispositif de traitement, la consommation d’eau par voiture produite est passée de 2,4 m3 en 2002, à l’ouverture de l’usine, à 1,13 m3 en 2007. TMMF projette par ailleurs de collecter et traiter l’eau de pluie du parc d’expédition. Le volume moyen estimé est de 5000 m3 par mois. Au total, l’économie d’eau serait de 20%.
Autres chiffres :
- Consommation de 380 kW/h d’électricité et de 461 kW/h de gaz par voiture produite. En baisse de 50% par rapport à 2002.
- Emissions de composés organiques volatils (COV) de 16 g/m2, soit une baisse de 50% comparée à 2002.
- 9 kg de déchets revalorisés par voiture produite en 2007. Les déchets incinérés ont disparu alors qu’ils étaient de 14 kg/ véhicule en 2002.
Après l’envers du décor, quelques clichés de la ligne de production :
Auteur : Yvonnick Gazeau
Source : Toyota




