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1er juin 2021

Nouveaux usages de la Blockchain: SystemX dévoile les résultats de son projet BST

En levant d'importants verrous scientifiques et technologiques, le projet Blockchain for Smart Transactions qui vient de s'achever a permis de faire la démonstration de cas d'usages et de services rendus possible par la blockchain, dans les domaines de la mobilité, de l'assurance et de l'énergie. Les preuves de concept (PoC) validées dans le cadre du projet BST ont impulsé le lancement de projets d'industrialisation auxquels se sont joints de nouveaux acteurs industriels.

Palaiseau, le 31 mai 2021 - L'Institut de Recherche Technologique (IRT) SystemX annonce la clôture de Blockchain for Smart Transactions (BST), son projet premier de R&D consacré à la technologie blockchain. Réunissant sept partenaires industriels (ATOS-Bull, Covéa, EDF, Ercom, IDIT, La Poste et Stellantis*) et trois partenaires académiques (Inria, Institut Mines-Télécom et Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), ce projet affichait une dimension expérimentale forte. Il visait à répondre à deux principaux défis : identifier de nouveaux usages de la blockchain pour valoriser des services basés sur la confiance numérique, et définir les conditions juridiques, économiques et sociales permettant le développement de services orientés blockchain.

Trois principaux cas d'usages ont été explorés dans BST, donnant lieu à différentes preuves de concept (PoC) :
  • Dans le secteur de la mobilité, la lutte contre la fraude au kilométrage est un enjeu majeur car elle représente 20 % des véhicules d'occasion revendus en France (contre 5 à 12 % en Europe). De plus, on estime à 200 000 le nombre d'épaves roulantes en France dues à des fraudes dans le circuit de mise en épave. Par ailleurs, la législation européenne prônant la libre concurrence, les constructeurs ont perdu la visibilité sur leurs parcs automobiles lorsque les véhicules sont entretenus hors réseaux. A cela s'ajoute le fait que les carnets d'entretien ne sont pas partagés.

    Forts de ces constats, les partenaires du projet BST ont collaboré autour de deux PoC : le premier lancé en 2017 a permis d'évaluer le potentiel de la technologie blockchain afin de valider le concept de carnet d'entretien dématérialisé, sécurisé et partagé entre plusieurs acteurs, pour assurer la traçabilité du cycle de vie des véhicules. Un deuxième PoC a porté sur la valorisation des données de mobilité (GPS, conduite, etc.) pour favoriser le partage, la portabilité et la monétisation des données issues des véhicules.

    Les verrous technologiques et scientifiques levés ont été de quatre ordres : assurer le contrôle sur les données, garantir leur confidentialité, assurer la transparence des traitements (auditabilité) et gérer de manière sécurisée l'archivage ainsi que la traçabilité des documents à valeur probante.

    Les principaux résultats technologiques obtenus portent sur le développement d'une plateforme blockchain permettant de gérer le cycle de vie des véhicules, le développement de protocoles métiers définis sur des smart contracts ainsi que d'outils de gestion du contrôle d'accès à des données confidentielles sur la blockchain.

    Un brevet a également été déposé à l'INPI par SystemX, Stellantis et Covea sur un « procédé et dispositif de mise à jour d'un carnet d'entretien numérique d'un véhicule ». Deux publications ont également été présentées à l'occasion de l'IFIP International Conference on New technologies, Mobility and Security (2018) et l'IEEE International Conference on Blockchain (2018).
Sur la base de ces résultats de R&D, un consortium plus large composé de SystemX, The Blockchain XDEV, Crédit Agricole Assurances, le Groupe Matmut, Mobivia, Groupe IM et Stellantis s'est constitué afin d'approfondir ces questions et de proposer une architecture standardisée et souveraine basée sur la blockchain, dans le but de favoriser le développement économique de la filière automobile autour du partage et de la valorisation des données du véhicule, dans le respect du RGPD (règlement général sur la protection des données).
  • Aux cas d'usage mobilité, ont été associés des travaux R&D dans le domaine de l'assurance. L'ambition était de répondre à trois principaux enjeux : la gestion de l'onboarding des clients, la maîtrise de leurs données personnelles ainsi que la portabilité (interopérabilité et vérifiabilité) des documents contractuels.

    Deux PoC ont ainsi été menés : le « Pay as you drive » afin d'exploiter les données du véhicule (notes de conduite) dans le but de proposer une offre sur-mesure tout en assurant la confidentialité des données personnelles, mais aussi la certification des données d'assurance, grâce à la génération de preuves (de propriété d'un véhicule, d'assurance).

    Parmi les principaux verrous technologiques levés : la gestion confidentielle des données personnelles par les utilisateurs (identité décentralisée), l'exécution d'algorithmes sur les données personnelles (calcul confidentiel), et l'interaction cross-chain (couplage d'une blockchain pour les données et d'une autre pour l'identité).

    Les résultats technologiques ont consisté en la mise au point d'un gestionnaire d'identité et d'attestations, le développement d'un service d'interaction cross-chain entre une blockchain data et une blockchain d'identité, et la définition d'un protocole de calcul confidentiel basé sur l'usage d'une enclave sécurisée. Plusieurs articles scientifiques ont également été publiés.

  • Dans le domaine de l'énergie, la législation ayant statué favorablement à la création de communautés d'autoconsommation collective en aval d'un poste de distribution, des travaux ont porté sur la validation de la pertinence de la blockchain pour la mise en place d'une place de marché locale d'énergie.

    Deux PoC ont été menés : une place de marché d'autoconsommation collective basée sur la blockchain a été mise au point pour permettre aux habitants d'un éco-quartier d'échanger de l'énergie. Un deuxième PoC a porté sur la tokenisation de l'énergie dans le cadre de la mise en place d'un modèle de financement participatif.

    Ces PoC ont permis de démontrer que la blockchain permet la création d'un système décentralisé, c'est-à-dire un système reposant sur l'auto-organisation des différentes parties prenantes. Ce système fonctionne avec des smart contracts qui fixent les prix en direct ainsi qu'un processus de paiement automatisé et sécurisé à l'aide de token. En particulier, une expérimentation de la place de marché de l'énergie a été réalisée sur un réseau de sept maisons prototypiques sur le site EDF Lab Les Renardières.

    Les principaux verrous technologiques levés ont porté sur la sécurité des données, le passage à l'échelle en assurant le fonctionnement de ce système sur des équipements IoT, la mise au point d'un modèle économique à base de token et la capacité à rendre ce système interopérable pour en permettre l'extension à d'autres cas d'usage.
Parmi les principaux résultats technologiques, on peut souligner la mise au point d'un algorithme de double enchère sous forme de smart contract, la réalisation d'un système multi-agents permettant de simuler 200 foyers et d'étudier le comportement du système, la mise au point de protocoles cryptographiques sécurisés par la blockchain pour obfusquer l'identité des participants en en garantissant leur légitimité, ainsi que le développement d'une plateforme de financement participatif à l'aide de tokens. Plusieurs articles scientifiques ont également été publiés sur ces travaux. En particulier, un nouveau protocole de consensus a été proposé afin de passer à l'échelle tout en respectant des contraintes liées à l'IoT (protocole testé avec Atos sur Raspberry Pi Zero).

EDF, rejoint par Valeo et The Blockchain Xdev ont poursuivi ces expérimentations en 2020, pour mettre au point un démonstrateur intégrant la capacité Véhicle 2 Grid à la place de marché d'autoconsommation collective. L'objectif était d'analyser les bénéfices du stockage dans les batteries de véhicules, de l'énergie produite localement par les panneaux photovoltaïques, sans l'intervention de tiers de confiance.

L'ensemble des verrous scientifiques ont été levés avec l'appui d'acteurs du consortium BART** (Blockchain Advanced Research & Technologies) qui représente le plus important collectif de recherche académique dédié à la blockchain en France.

« BST a été un projet précurseur dans le domaine de l'exploration de cas d'usage associés à la blockchain. Les partenaires reconnaissent qu'il a contribué à leur permettre de mieux évaluer les potentiels de cette technologie. L'une des principales réussites de BST est sa capacité à avoir essaimé : suite aux PoC réalisées au travers d'autres projets fédérant de nouveaux partenaires mais allant également encore plus loin vers l'industrialisation de nouveaux services basés sur la blockchain », explique Nicolas Heulot, Responsable de l'équipe Blockchain, IRT SystemX.

* Stellantis : né de la fusion entre Groupe PSA et FCA Group.
**BART : Lancé en mars 2018 pour une durée de six ans, BART (Blockchain Advanced Research & Technologies) constitue le plus important collectif de recherche académique pour répondre aux défis blockchain des entreprises en France.


  Source : IRT SystemX





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