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10/2/2020

La connectivité indispensable à l'avenir des transports



Lancé en 2017, le projet européen AUTOPILOT consacré à l'apport de l'Internet des Objets (IoT) sur la délégation de conduite vient d’achever sa phase expérimentale. Il a notamment permis de développer du « platooning », d’améliorer la sécurité et le confort et d’évaluer l’intérêt de nouveaux services.

Le projet AUTOPILOT a mis en exergue l’importance des technologies de l’IoT dans l’amélioration des capacités des véhicules autonomes à mieux appréhender leur environnement en apportant un complément d’information aux capteurs déjà existants tels que caméra, radar ou lidar.

L’étonnant service de « platooning »

Une des études concernait la conduite en peloton, nommée « platooning », qui connecte électroniquement plusieurs véhicules afin de leur permettre d’évoluer en groupe : un véhicule de tête contrôlé par un conducteur guide les suivant en mode autonome. Ce scénario a été testé à Versailles, entre l’Hôtel de Ville et le parc du Château, avec trois Renault Twizy spécifiquement équipées. Un des challenges est d'éviter un décrochage électronique d’un des véhicules, notamment dans les bouchons ou au passage d’un feu de signalisation.

En ville, ce service peut être utilisé pour emmener un groupe de visiteurs d’un site touristique à l’autre ou devenir une solution d’amélioration de la rentabilité des services d’autopartage qui ramèneraient ainsi rapidement un nombre important de véhicules en station avec un seul chauffeur (fonction de rééquilibrage). Le véhicule de tête peut disposer d'une aide à la conduite de niveau 2, le chauffeur totalement responsable de son véhicule pouvant lâcher le volant si la législation le permet.

Sur autoroute, le « platooning » permet de rapprocher les véhicules entre eux et ainsi d’abaisser la consommation en diminuant leur résistance aérodynamique. La distance inter-véhicules équivaut à 1,5 s, soit ce que proposent déjà les régulateurs de vitesse adaptatifs. La communication (V2V) en ITS-G5 ou 5G est évidemment un point critique afin que tous les véhicules agissent simultanément, par exemple pour un freinage d’urgence.

Plus de sécurité

La sécurité a évidemment été un jalon majeur du projet AUTOPILOT. La communication permet d’avertir les conducteurs de la présence de ralentisseurs, flaques d'eau, nids de poule, piétons, etc. sur la voie. Une zone de danger repérée par un véhicule est ainsi immédiatement transmise aux autre, bien avant que leurs capteurs ne les détectent (voir vidéo). Il est également possible de communiquer avec les feux de signalisation, les smartphones des piétons ou les 2-roues connectés. Par ailleurs, une intégration accrue de l’IoT pourrait atténuer le nombre des incertitudes et des répercussions négatives anticipées en matière de véhicules autonomes.

Un volet du projet a porté sur la cybersécurité afin d’empêcher une attaque, mais aussi pour permettre aux autorités policières d’arrêter un véhicule. La définition de l’identité des IoT développée dans AUTOPILOT a pour cela été spécifique. Les identités sont obtenues avec un niveau de sécurité élevé, supérieur à celle des connexions conventionnelles utilisées pour la plupart des applications mobiles. Une solution KYC (Know your customer – connaissance du client) existante, comme le font actuellement les banques, peut également être utilisée si elle possède toutes les fonctionnalités requises.

Tout comme le confort de conduite, l’efficacité du trafic est améliorée par les alertes anticipées qui permettent aux véhicules d’adapter leur vitesse et d’éviter un freinage brusque. Une meilleure connaissance de l'environnement permet aussi de réduire la consommation grâce à des variations de vitesse moindres ou par un ralentissement anticipé avant d’arriver sur un feu rouge. Un service de parcage autonome de véhicules (autonomous valet) a aussi été développé avec un moyen de communication 4G/LTE.

Le consortium du projet AUTOPILOT a rassemblé 45 partenaires issus de 15 pays européens et de la Corée du Sud. Les activités de pilotage sur les 6 sites – Brainport (Pays-Bas), Daejeon (Corée du Sud), Livorno (Italie), Tampere (Finlande), Vigo (Espagne) et Versailles (France) – ont été coordonnées par l’Institut VEDECOM.





  Yvonnick Gazeau